Par Blandine Mercier
La société parle beaucoup d’entrée dans la vie active.
Elle parle très peu d’un autre moment pourtant tout aussi structurant : celui qui suit la période où l’on a atteint le plus haut niveau de responsabilité, de reconnaissance ou d’exigence dans son parcours.
Pendant des années, certaines trajectoires professionnelles sont très lisibles.
On progresse, on décide, on arbitre, on s’expose, on porte des responsabilités.
On est identifié par une position, une expertise ou une performance reconnue.
Puis un seuil est franchi.
Pas nécessairement par échec.
Souvent même après réussite.
Un dirigeant quitte un comité exécutif.
Un entrepreneur transmet l’entreprise qu’il a construite.
Un sportif met fin à la compétition.
Un militaire achève son service actif.
Dans chacun de ces moments, ce n’est pas seulement une activité qui s’arrête.
C’est un rôle qui cesse d’organiser le quotidien.
Les compétences sont toujours là.
L’expérience est maximale.
Mais le cadre formel qui structurait la contribution disparaît.
Ce qui surprend le plus n’est pas le changement de place
C’est le changement de posture.
On continue à savoir faire.
On continue à vouloir être utile.
Mais on ne sait plus immédiatement où ni comment l’être.
Nous avons l’habitude de penser la carrière comme une progression continue.
En réalité, elle ressemble davantage à un récit composé de séquences.
La première est celle de la construction et de la reconnaissance.
La suivante commence lorsque la valeur d’une personne ne dépend plus uniquement de la fonction qu’elle occupe.
Cette phase n’est pas une fin de carrière.
C’est une phase professionnelle différente.
Nous la voyons apparaître de plus en plus tôt, avec l’allongement des vies professionnelles et la transformation des organisations.
Elle concerne désormais des profils très variés ayant exercé longtemps dans des environnements exigeants.
Nous l’appelons la Seconde Séquence.
Elle pose une question simple :
comment continuer à contribuer quand l’expérience devient plus importante que la position ?
Les organisations savent recruter.
Elles savent former.
Elles savent évaluer.
Elles sont encore très peu structurées pour cette étape.
Pourtant, c’est souvent à ce moment que l’expérience est la plus utile.
Si cette phase reste difficile, ce n’est pas par manque de compétences ni par manque d’envie.
C’est parce qu’elle est vécue de manière isolée.
Chacun la traverse dans son secteur, son entreprise, son parcours personnel, alors qu’elle est en réalité largement partagée.
Les organisations sont très structurées pour recruter, former, intégrer.
Elles le sont beaucoup moins pour ce moment particulier où l’expérience devient la principale valeur professionnelle.
Il manquait un espace où cette étape soit considérée comme normale, reconnue et mise en commun.
Hello Masters est né de ce constat.
Non pas pour recommencer une première carrière,
mais pour organiser la suivante.
Un lieu où l’on ne se définit plus uniquement par la fonction occupée hier,
mais par ce que l’expérience permet encore d’apporter aujourd’hui : conseil, transmission, projets, gouvernance, engagement économique.
La Seconde Séquence n’est pas une parenthèse.
C’est la partie la plus longue de la vie professionnelle moderne.
Elle mérite donc, elle aussi, ses repères, ses pairs et son réseau.






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